Archives par mot-clé : racisme

Nouvelle-Calédonie: silence, on tue ! Milice ou réalité ?

Barrages en Nouvelle-Calédonie

Contrairement à ce qui est dit dans la presse nationale, il y a bien une milice qui sévit en Nouvelle-Calédonie. Et elle tue.

L’ ancien champion du monde de football d’origine kanak, Christian Karembeu, dénonçait la semaine dernière, dans la presse nationale, l’assassinat de deux membres de sa famille.

Dans son Jt datant du 3 juin 2024, la télévision privée locale Caledonia rapporte deux témoignages édifiants. Deux kanak ont été pris pour cible par la fameuse milice.

Extrait du JT de Caledonia du 3 juin 2024

Sur place, les autorités ont du mal à cacher l’existence de milices caldoches armées qui tireraient sur les kanak.

Le haut-commissaire de la République sur l’archipel, Louis Le Franc, s’était pourtant inquiété, jeudi 16 mai, de la présence de milices, et même d’« assassins » impliqués dans la mort par balle d’émeutiers kanak. « Il y a eu des confrontations entre des membres actifs de la cellule de coordination des actions de terrain et des membres de groupes d’autodéfense, des milices, qui se sont constituées sans doute pour se protéger. Mais on ne leur demandait pas tant, certainement pas d’être armés. Ce n’est pas leur métier », déclarait-il ce jour-là.

Source: Le Monde

Ces milices armées sont constatées et dénoncées depuis 2019 par les kanak, essuyant le déni de réalité des autorités locales.

« Nous n’avons pour l’instant que la rumeur et nous, services de police, pour faire des enquêtes il faut quand même qu’on soit un peu pragmatique » explique le commissaire général Alain Martinez, directeur de la Sécurité publique. « Des agressions sur Nouméa, il y en avait, il y en a, et il y en aura malheureusement encore et donc il faut distinguer je pense ces agressions et cette pseudo milice. Pour l’instant nous avons des agressions que nous traitons, que nous élucidons à hauteur de 65%, c’est un chiffre important, mais par contre au sujet des milices nous n’avons absolument aucun élément qui nous laisse penser qu’elles existent. »
Et le directeur de la sécurité publique d’encourager les personnes qui auraient été agressées à déposer plainte. 
Le général Marietti, commandant des forces de gendarmerie rappelle par ailleurs que le fait d’être constitué en milice, c’est-à-dire en bande armée organisée, est un délit.

Source : Nouvelle-Calédonie La 1ère

Depuis le début de la crise provoquée par la réforme électorale, contestée par les indépendantistes du FLNKS, 7 morts par balle sont à déplorer. Une vingtaine de personnes a pu être évacuée vers l’Australie.

Une nouvelle affaire Georges Floyd aux USA

4 ans après la mort de George Floyd, lors de son arrestation dans le Minnesota, un Afro-Américain décède dans les mêmes conditions dans l’Ohio.

Hommage à George Floyd,
décédé le 25 mai 2020

L’histoire se répète: «Je ne peux pas respirer… »

Le 18 avril, Franck Tyson est interpelé par la police. L’arrestation est musclée, selon les images de la vidéo embarquée des policiers. Et sous la pression du genou d’un des policier, l’homme meurt étouffé.

Le mort de Franck Tyson, 53 ans, intervient à quelques semaines de la triste date du décès de George Floyd, mort étouffé, à 46 ans, le 25 mai 2020, par le policier Dereck Chauvin, condamné depuis à 20 ans de prison.

Manifestations dans le monde entier

Manifestations contre le racisme et les violences policiers (USA, 2020)

Au lendemain de la mort de George Floyd, des manifestations contre le racisme et les violences policières ont eu lieu aux USA et dans le monde entier.

Aux USA, des émeutes ont ensuite éclaté, touchant plus de 2500 villes dans les 50 états du pays. 32 personnes ont été tuées au cours d’affrontements avec la police américaine.

Articles:

Cinéma: L’ affaire Claude Jean-Pierre, disponible en VOD

Après sa projection en exclusivité au Ciné-Théâtre du Lamentin, dans le cadre du FEMI 2024, le documentaire sur l’affaire Claude Jean-Pierre est disponible en VoD.

Des interviews, des vidéos et des articles de presse sur l’enquête, concernant la mort du sexagénaire en décembre 2020, sont également en ligne sur une plate-forme dédiée.

Plate-forme du film « L’Etat Républi-Nial, l’affaire Claude Jean-Pierre »

Un film-outil pour le grand public

Rendre le film accessible à tous, une volonté du journaliste Harry Roselmack qui a écrit et produit le documentaire via sa société de production HTO-Productions.

Harry Roselmack, journaliste et producteur (HTO-Productions)

D’autres affaires de violences policières non-résolues

Le film co-produit par Brother Jimmy pour Indraline Production, revient aussi sur quatre affaires de violences policières, suite à des interventions de la gendarmerie en Guadeloupe, depuis la mort du jeune Charles-Henri Salin en novembre 1985 à celle du jeune Rony Cély, le 9 janvier 2024.

Brother Jimmy, producteur (Indraline Production)

Succès lors de la projection en salle

Le public s’est déplacé nombreux, mardi 22 avril. Le documentaire a été projeté à guichet fermé, en présence des familles, suivi d’un débat animé par l’équipe du film.

Avant-première au Ciné-Théâtre du Lamentin – FEMI 2024 (Copyright: Stella JW Bichara)
L’équipe du film documentaire « L’Etat Républi-Nial, l’affaire Claude Jean-Pierre » (Philippe Mugerin, Brother Jimmy, Harry Roselmack, Naïza Rippon, Marjorie Blocail, Daniel Nlandu Nganga, Steve Lancastre)

Liens pour visionner le film: claudejeanpierre.com, etatrepublinial.com

Bande-annonce du film « L’État Républi-Nial, l’affaire Klodo » (Réal: David Parra Serrano, Prod: HTO-Productions / Indraline Production)

Cinéma: L’ affaire Klodo en avant-première au FEMI 2024

C’est l’évènement de cette édition 2024 du FEMI, la projection en exclusivité du documentaire retraçant l’affaire Claude Jean-Pierre.

Le documentaire, réalisé par David Parra-Serrano, écrit et produit par Harry Roselmack (HTO Production) et co-produit par Brother Jimmy (Indraline Production), revient sur l’affaire qui avait ému la Guadeloupe en 2020: le décès brutal de Claude Jean-Pierre dit Klodo, sexagénaire, suite à un contrôle de gendarmerie dans la ville de Deshaies.

David Parra-Serrano,
réalisateur
Harry Roselmack, producteur (HTO Production)
Brother Jimmy (Indraline Production)

Un non-lieu, rejeté par le juge d instruction, avait été prononcé par le procureur de la République de Basse-Terre, Xavier Sicot, malgré les images de vidéosurveillance et les rapports d’autopsie accablants du CHU de Pointe-à-Pitre.

Un documentaire choc qui interroge

Pour la première fois en Guadeloupe, un documentaire revient sur trois cas de violences policières meurtrières qui ont marqué l’opinion publique guadeloupéenne de ces quarante dernières années.

« L’ÉTAT RÉPUBLI-NIAL, l’affaire Klodo »
(Réal: David Parra Serrano, Production: HTO Production et Indraline Production)

Outre l’affaire Claude Jean-Pierre, le documentaire raconte les cas de Charles-Henri Salin en 1985 et de Didier Assor en 2017.

L’affaire Charles-Henri Salin et Didier Assor

L’ affaire Charles-Henri Salin en 1985
L’ affaire Didier Assor en 2017
Charles-Henri Salin: un jeune Guadeloupéen a été abattu par un gendarme à Boissard, à Pointe-à-Pitre, le 18 novembre 1985.

Charles-Henri Salin était un lycéen. Ce soir du 18 novembre 1985, il sort du cinéma, son cartable sur le dos. Sa route croise celle d’un convoi de gendarmes patrouillant à Boissard à Pointe-à-Pitre. 

Il sera tué par trois balles, reçues en plein thorax, du pistolet-mitrailleur de Michel Maas, maréchal des logis de la gendarmerie.

Didier Assor, abattu chez lui par un gendarme, en 2017 à Trois-Rivières 

Didier Assor, 45 ans, souffrait de schizophrénie. Le jour de sa mort, son père avait fait appel au SAMU, pour le faire hospitaliser.

Une brigade de gendarmerie avait été appelée en renfort, car l’homme s’était retranché chez lui, muni d’une arme blanche, un couteau. Les militaires n’ont pas réussi à maîtriser le forcené. L’un d’eux a ouvert le feu et a tué le quadragénaire.

Didier Assor a reçu sept balles. L’autopsie du corps a aussi révélé une huitième marque, qui correspondrait à un tir de flashball. 

Justice républicaine ou coloniale ?

Durant 1h30, le documentaire, s’appuyant sur les témoignages des familles, des avocats, des témoins et d’experts, met en perspective le rapport police-justice dans notre société post-coloniale.

Témoignage de Fatia et Christophe (Fille et gendre de Claude Jean-Pierre)

Projection en exclusivité

L’ affaire Claude Jean-Pierre au cinéma

Le documentaire sera projeté en avant-première, en présence des familles et de l’équipe de tournage, le mardi 23 avril lors du FEMI 2024 au Ciné-Théâtre du Lamentin à 18h.

Décès de Jim Brown, icône sportive Afro-Américaine des Droits Civiques.

Le légendaire running-back de la NFL, Jim Brown, est décédé à l’âge de 87 ans, dans sa résidence de Los Angeles, jeudi soir.

Jim Brown (1936-2023)

Un des plus grands joueurs de football de tous les temps et l’une des premières grandes vedettes de ce sport, Brown a réécrit le livre des records au cours d’une courte carrière qui s’est étendue de 1957 à 1965. Il a mené les Browns de Cleveland à leur dernier titre en 1964.

Jim Brown, ancien running-back
des Browns de Cleveland (1957-1964)

Un coureur inarrêtable doté de puissance, de vitesse et d’endurance, l’arrivée de Brown a amplifié la popularité naissante du football à la télévision.

Les meilleurs moments de la carrière
de Jim Brown

Brown s’est retiré au sommet de sa gloire après avoir remporté un troisième titre de joueur par excellence de la NFL en 1965 pour devenir activiste et acteur. Il a joué dans plus de 50 films, incluant Les Douze Salopards (Robert Aldrich, 1967, Any Given Sunday (Oliver Stone, 1999) ou encore He Got Game (Spike Lee, 1998).

En 2020, son nom apparaît dans le film One Night In Miami (Regina King, 2020) qui relate la rencontre vraie d’un soir entre Sam Cooke, Mohammed Ali et Jim Brown, à la demande de Malcolm X.

One Nigh In Miami (2020)

Brown était aussi un activiste proche de Malcolm X et de Mohamed Ali. Il a organisé en 1967 le Sommet de Cleveland, qui a réuni douze hommes de premier plan de la communauté afro-américaine, en réponse à la décision de Mohamed Ali de ne pas participer à la guerre du Vietnam.

Malcolm X photographiant Mohammed Ali, Jim Brown et Sam Cooke (1964)

Les participants avaient soutenu le boxeur, symbolisant de fait l’unité des Noirs pendant le mouvement des Droits Civiques en Amérique.

School Daze, victime de colorisme.

Giancarlo Esposito et Tisha Campbell dans School Daze (1988)

Spike Lee a récemment déclaré que le casting et l’équipe de tournage de « School Daze » avaient été expulsés du campus de Morehouse en raison du colorisme: « Vraiment blessant à l’époque ».

School Daze, sorti en 1988, est reconnu par beaucoup comme un classique, en particulier au sein de la communauté Noire. Mais très peu de gens connaissent les obstacles que le jeune réalisateur, à l’époque, a endurés lors de la réalisation de son 3ème film.

Alors que le film devait se tourner au Morehouse College d’Atlanta, la production a dû déménager pour le Morris Brown College, de l’autre côté de la ville de l’Etat de Georgie. Dans une interview de février 2018 dans l’ Atlanta Journal-Constitution, Spike Lee a déclaré que le colorisme avait joué un rôle dans le changement de lieu car le président de Morehouse, Hugh Morris Gloster, n’aimait pas le choix de comédien pour le rôle, pourtant fictif, du président du campus.

« Je n’aime pas le gars que vous avez choisi pour incarner le président de l’université (le regretté et grand Joe Seneca). Il ressemble trop à un sambo* ».

Joe Seneca, acteur américain (1919-1996)

« Il m’a dit ça en face. Le président de Morehouse m’a dit que l’homme que j’avais choisi avait la peau trop foncée. Je lui ai répondu que je sais que ce que nous faisions était bien. » a déclaré le réalisateur.

Sorti en 1988, School Daze est inspiré des années de Spike Lee en tant qu’étudiant de premier cycle au Morehouse College et met en vedette Tisha Campbell, Giancarlo Esposito et Laurence Fishburne

Lee a révélé, que par la suite, qu’il n’avait plus été invité à Morehouse. Cependant, l’ancien de Morehouse a eu le dernier mot car il siège maintenant au conseil d’administration.

Spike Lee, réalisateur

« En fait, après la sortie de ce film, je n’ai pas vraiment été invité à retourner à Morehouse pendant plusieurs années. Vraiment jusqu’à ce que le gars qui était président parte. Mais maintenant, je fais partie du conseil d’administration, donc ça fait longtemps. Mais c’était vraiment blessant à l’époque.

*NDLR: Le terme sambo est une insulte pour designer une personne Noire à la couleur de peau foncée.

Accusé d’antisémitisme dans «TPMP», Francky Vincent porte plainte pour diffamation

C’est la première fois que Francky Vincent se confie depuis son passage chez Cyril Hanouna, sur C8, le 6 décembre, où il a été accusé d’antisémitisme par Gilles Verdez. Le chanteur, qui s’était produit au « Bal des quenelles » de Dieudonné, attaque le chroniqueur.

Le 25 novembre dernier, le nom de Francky Vincent apparaît à la surprise générale dans la nouvelle promotion des chevaliers de l’ordre des Arts et des Lettres. Lorsque l’information est révélée, le 6 décembre, le chanteur guadeloupéen de 66 ans est invité dans l’émission « Touche pas à mon poste », sur C8, pour parler de cette nomination mais aussi du « lynchage » dont il serait victime.

L’émission débute avec légèreté, mais le débat se tend lorsque Gilles Verdez prend la parole : « Moi, ce qui me choque, monsieur Vincent, ce ne sont pas vos paroles, c’est votre adoration pour Dieudonné. Sur la chaîne d’Alain Soral, un essayiste d’extrême droite, vous avez quand même dit : Je lui voue une admiration inconditionnelle, tout le respect du monde. Dieudonné est un antisémite, condamné comme tel. Comment pouvez-vous dire ça ? Est-ce que vous cautionnez l’antisémitisme de Dieudonné ? »

Francky Vincent ne s’attendait pas aux attaques répétées de Gilles Verdez et répond assez maladroitement. « Je ne cautionne rien du tout, je m’arrête à l’homme qui me fait rire. » « Cela ne vous gêne pas de vous afficher au Bal de la quenelle ? » « Je m’affiche avec tout le monde, des célébrités, des artistes… J’étais invité pour voir mon humoriste préféré, le meilleur humoriste de tous les temps. »

« Vous ne pouvez pas représenter les arts et la culture française »

« Il vous fait rire, Dieudonné ? » s’agace Gilles Verdez, de plus en plus énervé. « Quand il fait ses sketchs, s’il n’y a pas de haine », répond le chanteur. « Si vous cautionnez l’antisémitisme, vous êtes antisémite, accuse encore le chroniqueur. Vous ne pouvez pas représenter les arts et la culture française en allant chez Dieudonné. »

Sur le plateau, l’équipe se prend le bec. Valérie Bénaïm et Géraldine Maillet soutiennent leur confrère. Benjamin Castaldi, Jean-Marie Bigard et Guillaume Genton, animateur de la matinale de Virgin Radio, viennent défendre Francky Vincent : « Gilles, c’est dangereux ce que tu fais. » « Tu attises la haine et la colère », lui lance Bigard.

« Est-ce que vous condamnez les propos antisémites de Dieudonné ? » reprend Géraldine Maillet. « Je n’applaudis pas, cela ne me plaît pas, répond Francky Vincent. Mais je ne les condamne pas. Je ne suis pas juge, je ne juge pas les gens. J’ai une sœur qui a eu un enfant avec un juif, j’ai un neveu mélangé, je suis mal placé pour être raciste et antisémite. »

« Qui sont-ils pour me juger ? »

Sur le plateau, 75 % des téléspectateurs ne comprennent pas le « lynchage » du chanteur coquin. Deux semaines plus tard, ce dernier ne l’accepte pas non plus. « J’ai attaqué Gilles Verdez pour diffamation, annonce-t-il. On me soupçonne d’être un sympathisant des antisémites parce que j’ai chanté une chanson en 2019 au Bal des quenelles de Dieudonné. Alors que ma femme est sémite, que j’ai eu un enfant avec une métisse sémite… Je prends cela au sérieux. Au-delà de moi, ils ont voulu faire le procès du comité qui m’a attribué la médaille des Arts et Lettres. Je ne serais pas digne de la recevoir ? Mais qui sont-ils pour me juger ? »

« Je me suis retrouvé dans un tribunal de pacotille, une énorme mascarade, réagit-il encore. Je suis tombé dans un traquenard. On m’avait dit que je parlerais pendant huit minutes de ma distinction, mais ça n’a duré que trente secondes et ils me sont tombés dessus pendant vingt-cinq minutes. J’avais l’impression qu’Hanouna était le procureur, Verdez le juge, je rends hommage à Genton et Bigard qui m’ont défendu avec du bon sens. Je suis allé cinq fois à TPMP, jamais ils ne m’avaient parlé de Dieudonné. Et là, comme j’ai la médaille, ils me tombent dessus. J’avais le sentiment d’être trahi. Je ne reviendrai plus dans cette émission. »

« Retourne en Afrique! » au sein de l’Assemblée nationale.

Ce jeudi 3 novembre dans l’après-midi, l’Assemblée a mis fin à la séance des questions au Gouvernement après une interpellation raciste.

Lors de la question du député LFI-#NUPES Carlos Martens Bilongo sur le sort des migrants en Méditerranée, celui-ci a été interrompu par le député RN, Grégoire de Fournas, lui hurlant « Retourne en Afrique ! ».

De quoi ouvrir les yeux aux électeurs d’outre-mer qui ont voté massivement pour Marine Le Pen et le Rassemblement National, lors du 2nd tour de l’élection présidentielle en mai 2022.